Archive pour la catégorie ‘Humeur d'un Jour’

Birmanie : la chute d’une dictature ?

Mercredi 26 septembre 2007

Malgré des mises en garde répétées du régime, quelque 100 000 personnes menées par des bonzes ont encore aujourd’hui dans Rangoon, la plus grande ville de Birmanie. Des soldats et des policiers anti-émeutes birmans se sont déployés autour d’au moins six monastères bouddhistes de Rangoon, à la pointe des manifestations des derniers jours contre la junte militaire. Un manifestant est mort alors que la police dispersait des opposants au régime.

Pourquoi de telles manifestations ?

Contre la hausse des prix et contre une junte militaire qui a conduit le pays à la misère, des milliers de personnes semblent aujourd’hui être prêtes à aller jusqu’au bout. Frappés de plein fouet par la hausse brutale, le 15 août, du tarif officiel des carburants – qui s’est aussitôt répercutée sur le coût des transports et des produits de base – la plupart des 52 millions d’habitants se maintenaient déjà, à grand-peine, sur le seuil de la survie: 9 sur 10 gagnent chaque jour à peine 1 000 kyats, la monnaie locale, liée au dollar. Au taux de change du marché noir, le seul en rapport avec la réalité, cela ne représente guère que 80 cents. Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition démocratique et Prix Nobel de la paix, assignée à résidence depuis des années, a soudain été conduite à la prison d’Insein, 24 heures après être apparue, en larmes, devant sa résidence pour saluer les moines qui défilaient dans les rues, défiant la junte du «généralissime» Than Shwe.

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Jusqu’où ces manifestations peuvent-elles aller ?

Nul ne le sait à l’heure actuelle. Tout le monde est cependant hanté par le souvenir du bain de sang de 1988, quand le pouvoir n’avait pas hésité à donner l’ordre de tirer sur les protestataires d’une grande manifestation. D’un côté, les derniers rapports de l’O.N.U ont souligné un risque très fort d’une «véritable crise humanitaire» dans un pays où la pauvreté est croissante croissante et où le sida et la malaria ne cessent de faire des victimes de plus en plus nombreuses de jours en jours. De l’autre, les statistiques officielles gratifient l’économie nationale d’une croissance à deux chiffres depuis 1999: 12,2% en 2005, plus de 13% en 2006! Le taux réel serait inférieur à 3%. Encore est-il largement dû aux exportations de gaz naturel dont les bénéfices servent essentiellement la richesse des dirigeants en place. Conviés au printemps dernier à l’inauguration de la nouvelle capitale, Naypyidaw («Demeure des rois»), édifiée à quelque 500 kilomètres au nord de Rangoon, au milieu de nulle part, les diplomates chinois eux-mêmes, malgré les excellentes relations de Pékin avec la junte, n’ont pu se retenir d’éprouver un choc, tant ce projet dispendieux contraste avec l’état du pays. Son coût aurait absorbé entre 1 et 2% du PIB annuel ces dernières années. Par comparaison, la Santé n’a droit qu’à 0,5% du budget!

Pourquoi ces manifestations ont-elle lieu aujourd’hui ?

Beaucoup s’accordent à penser que la tenue de l’Assemblée générale de l’O.N.U cette semaine n’y est pas étrangère. Si les projecteurs de l’actualité sont braqués en Birmanie, les yeux des délégués du Conseil de sécurité également. Même la Chine, l’un des cinq grands du dit conseil (avec les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la France) n’ose plus apporter ouvertement son soutien au pouvoir en place. Son image de “démocratie fréquentable” à la veille des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 pourrait gravement en pâtir.

Le pouvoir peut-il être renversé ?

Than Shwe est loin d’être sans ressource puisqu’il a accordé à la Défense plus de 35% des dépenses budgétaires du pays ! Et c’est sans compter des ressources cachées… Ses forces comptent ainsi déjà plus de 400 000 hommes, des milliers d’armes chinoises, russes, des tanks, des avions. Mais contre quel ennemi ce régime s’est-il donc prémunit ? Oui, hélas… Il semblebien que ce soit contre ses propres compatriotes. En ce cas, la guerre civile est inévitable et elle sera d’autant plus sanglante qu’elle est déséquilibrée. D’un côté,des manifestants descendus dans les rues, avec à leur tête 10.000 bonzes pacifistes, scandant le mot de “Démocratie! Démocratie!” En signe de défi, certains manifestants agitaient le drapeau rouge du “paon combattant”, emblème des syndicats étudiants qui s’étaient placés à la pointe du mouvement insurrectionnel de 1988. En face, l’armée… Elle a tiré aujourd’hui. Et demain ?

Pour en savoir plus :

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Auschwitz, un autre album…

Dimanche 23 septembre 2007

La mémoire collective s’était déjà assez mal habituée à la vision horrible des clichés en provenance du camp d’extermination nazi Auschwitz, situé en Pologne. De nombreux sites sérieux en font la présentation sur le Web. Les élèves de 3ème du Collège St Joseph de Reims ont réalisé un compte rendu très émouvant de leur voyage sur place. Je ne saurai trop vous conseiller la lecture de leur travail exemplaire sur le site du CDRDP de Reims.

Mais le plus étonnant, voire le plus difficile à imaginer, était à venir. Comment imaginer des officiers SS heureux de vivre après avoir commis de tels massacres ? En janvier dernier, une archiviste du Mémorial de l’Holocauste de Washington a reçu une enveloppe de photos conservées depuis 60 ans par un ancien agent des services de renseignement de l’armée. Elles montrent comment ces SS occupaient leur temps libre, les jours où, las de la routine de l’extermination, ils exerçaient leur droit à la paresse à Auschwitz.

A l’époque où ont été pris ces clichés, en 1944, les chambres à gaz et les fours crématoires marchaient jour et nuit pour « traiter » les arrivages massifs de juifs hongrois. Et l’Armée Rouge se rapprochait dangereusement. Mais les gardes savaient tout de même se divertir dans leur retraite voisine du camp ! On les voit chanter à la chorale, boire et flirter avec les dames… Ces dernière posent d’ailleurs en retournant leurs petits bols, histoire de montrer qu’elles ont mangé toutes les mûres cueillies le jour même dans la forêt d’Auschwitz.

Quelques photos sont disponibles sur le site du New York Times (commenté – en anglais – par l’archiviste du Mémorial). Voici une nouvelle et sidérante vision de l’ignominie humaine.

Pavarotti : la mort d’un grand

Vendredi 7 septembre 2007

J’ai des gouts assez variés en matière musicale. Vous dire que j’écoute de l’opéra tous les jours serait vous mentir. Mais j’avoue aimer parfois troubler le silence de mon bureau par l’ouverture de Carmen, du Barbier de Séville ou bien par tout autre air célèbre de l’opéra. C’est pourquoi ce matin, en apprenant presque en direct, la mort de ce grand chanteur (que dis-je cet immense artiste – au sens propre comme au figuré) qu’était Luciano Pavarotti, j’ai eu un peu de mal à réaliser. Comment pouvait-il mourir car, même à 71 ans, il était devenu une telle sommité, une si grande référence dans son domaine qu’il en était déjà devenu presque immortel. Avant d’aller plus loin, écoutez le chanter…

La dona e mobile
Lucinao PAVAROTTI “La dona e mobile”, extrait de La Traviatta de Verdi.

Depuis longtemps déjà considéré “le plus grand ténor du monde”, cet artiste s’est d’abord fait connaître par une voix exceptionnelle. Il s’est imposé sur les scènes les plus prestigieuses. C’est ensuite avec sa silhouette rabelaisienne, sa superbe barbe brune et son sourire éclatant qu’il a conquis les foules. Charmeur ? Peut-être… Italien ? Sans aucun doute…

C’est en 1961 qu’il opta définitivement pour le chant et son succès fut fulgurant avec «La Bohème» de Puccini. Amoureux des pur-sang, des pâtes fraîches et des bons vins, ce géant d’1,90m (pour un poids variable de 85 à 130 kg) était père de quatre filles et grand-père. En juillet 1998, lors d’un concert géant retransmis depuis la Tour Eiffel, Jose Carreras et Placido Domingo composent avec Pavarotti un formidable trio de ténors.

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Pour sa maison de disques, Decca, le chanteur est une caisse d’argent ambulante. Avec ses confrères Placido Domingo et José Carreras, Pavarotti était d’ailleurs entré dans le livres de records en obtenant, les meilleures ventes mondiales d’album classique pour les concerts des trois ténors. Capable de chanter tous les registres, du classique aux variétés en passant par le chant napolitain, il n’hésitait pas, au risque de s’attirer les foudres de la critique, à composer des duos avec Sting, Joe Cocker ou même Mariah Carey pour défendre la cause humanitaire.

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C’est pour cette raison qu’on lui attribue le talent d’avoir su démocratiser l’opéra (il a fait l’ouverture de la Coupe du Monde de football en 1990 puis celle des Jeux Olympiques de Turin en 2006). A la tête d’une des plus grandes fortunes du monde et d’une foisonnante discographie, Jacques Lonchampt, un journaliste du «Monde», écrivait à son sujet : «l’artiste n’avait qu’à paraître pour convaincre, ouvrant tout grands les bras (le mouchoir blanc traditionnel pendant à la main gauche) pour embrasser tous ces braves gens et laisser venir à lui les petits millions.»

Cela ne se faisait plus depuis le XIXe siècle, mais le ténor a osé, porté par l’ovation du public, se lancer dans un bis, en plein milieu de l’opéra, d’un air de «L’Elixir d’amour» de Donizetti tant le public avait applaudi le premier jet. Il obtint par ailleurs sa seconde inscription au livre des records: après avoir reçu 165 rappels lors d’une représentation. Record à battre. Chapeau M. Pavarotti !

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A découvrir : une surprenante rencontre avec James Brown, pour entonner «It’s a man’s world» en 2006

1989 : l’armée soviétique aux portes de Washington

Mardi 28 août 2007

Allemagne de l’Ouest, 1988. Pour éviter une débacle assurée, l’armée soviétique se lance audacieusement en Europe. La riposte de l’OTAN est contrariée par l’ouverture d’un second front : une attaque de diversion sur les Etats-Unis.

USA, 1989. Alors que l’armée soviétique est aux portes du continent, il ne reste que quelques heures aux militaires sur le terrain pour éviter l’irréparable. Cette campagne qui vise à reprendre le contrôle des villes et campagnes américaines sera la dernière…

Vous l’avez compris, il s’agit de politique fiction… De nombreux films tournés ou romans publiés dans les années mille neuf cent quatre-vingt prenaient la Troisième guerre mondiale pour toile : la Guerre froide. Depuis la crise des fusées, en 1962, le monde sait très bien que si un nouveau conflit éclat, ce sera le dernier : les bombes thermonucléaires sont devenues tellement puissantes et nombreuses qu’elles pourraient faire voler en éclat la terre entière plusieurs fois. Les grands dirigeants de l’époque vont prendre peur, et leurs successeurs vont poliment se rencontrer pour afficher des sourires de façade, tout en espérant que leur adversaire d’hier fasse une faute le premier : c’est ce que l’histoire a nommé la “coexistence pacifique”. Et puis vint la crise économique, la léthargie du système soviétique et la chute du mur de Berlin. Dés le 9 novembre 1989, le monde savait qu’une page allait se tourner. Il lui faudra deux ans pour tout effacer, à commencer par le communisme…

C’est le point de départ d’un nouveau jeu en cours de finalisation : World in conflict. Guerre médiévale, combats de pirates, guerres napoléoniennes, guerres mondiales : toutes les époques ont été traitées par des “jeux” de ce type. Toutes, sauf celles qui restent à réinventer. Et si les soviétiques n’avaient pas accepter la chute du mur de Berlin ? Et s’ils avaient tenter un véritable coup de Poker, une dernière attaque avec toutes leurs forces ? C’est le genre de questions qui arrivent souvent à la fin du cours sur la Guerre froide, et la réponse d’un historien n’est jamais facile : on ne fait pas l’Histoire avec des suppositions. Mais ce jeu a en tous les cas l’intérêt de montrer ce que, militairement, les choses auraient pu être.

Je vous invite donc à découvrir la bande annonce de ce “jeu” qui est en fait un véritable petit film.

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Et si le genre vous tente, gratuitement, je vous ai dénicher une Démo entièrement “jouable” à l’adresse suivante :

http://www.jeuxvideo.fr/demo-world-in-conflict-6321-0-0.html 

Attention, ce n’est pas facile de gérer la guerre à la fin du XXe siècle, vous m’en direz de nouvelles !

Enfin, pour finir, si vous voulez vous donner le frisson et imaginer ce que serait demain l’Amérique si Ben Laden réusissait à introduire une bombe nucléaire en plein coeur de New York, je vous conseille la lecture du livre suivant :

NEW YORK BRULE-T-IL
Auteurs : Dominique Lapierre, Larry Collins
Éditeur : Pocket

Attention, ici encore, une fois ouvert, ce livre, on ne peut plus le refermer tellement le rythme est trépidant ! Et quant on sait que les auteurs se sont fondés sur des sources très sérieuses comme celles du FBI ou de la CIA, on se dit que le cauchemard pourrait devenir “réalité”. Car parfois, l’Histoire dépasse la fiction.

Le mystère de la multiplication

Vendredi 24 août 2007

Pour ceux qui sont fâchés avec les tables de multiplication, pour ceux qui trouvent que les mathématiques ne sont pas amusantes (?!) et pour ceux qui aiment le mystère de la logique, voici une expérience à vivre “en direct” puis à refaire vous-mêmes devant un public forcément émerveillé…

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No comment…

Grande Bibliothèque Poétique

Dimanche 24 juin 2007

Par un beau matin, vous vous sentez l’âme poétique. Vous cherchez l’inspiration, ébahi devant une fleur en bouton ou bien un ciel bleu azur. Ne cherchez plus… Une véritable Bibliothèque Poétique s’offre à vous. J’avoue ne pas encore avoir l’occasion d’en faire entièrement le tour, mais ce que j’en ai vu m’a suffit pour juger de sa grande variété et richesse. Vous y trouverez de quoi rêver, c’est certain !

http://www.chez.com/damienbe/menu.htm