Justice et inégalité : est-ce compatible ?
Vendredi 15 mai 2009Leçon n° 10 :
Justice et inégalité : est-ce compatible ?
Extrait :
Il est très tentant non seulement d’associer, mais aussi de confondre, la justice et le souci d’égalité. Des institutions justes s’efforcent de mettre tous les hommes sur un pied d’égalité, et l’on tient, par exemple, pour évident que le riche et le pauvre doivent bénéficier l’un et l’autre d’un avocat et être traités avec les mêmes égards lorsqu’ils sont inculpés par la « Justice » – dans le sens institutionnel du terme. Selon une première définition relevée dans n’importe quel dictionnaire, la justice se présente comme « la volonté de faire régner le droit ». Or le droit stipule que, par définition et par principe, les hommes sont tous égaux. Cette conception n’a pas toujours été de soi, puisqu’en France et en Europe, jusqu’à la Révolution française, nos aïeux, qui admettaient les différences d’« états », autrement dit de conditions, se sont accommodés pendant des siècles, apparemment sans trop de difficulté, de l’esclavage et de la soumission des femmes à leurs pères et maris.
Résumé-Plan:
· Introduction : pourquoi on ne peut réduire la justice au seul principe égalitaire ?
· La justice dans la démocratie athénienne.
· Le tournant du droit naturel et des Déclarations des droits de l’homme.
· Tocqueville et la démocratie américaine.
· Justice et instabilité démocratique.
· La théorie de la justice de John Rawls.
· L’esprit d’égalité extrême et le despotisme.
· Conclusion : la justice associe principe égalitaire et esprit d’équité.
Citations:
· Aristote : « La loi […] met les pauvres au niveau des riches et veut que les uns n’aient pas plus de droits que les autres au gouvernement, mais que la condition de ceux-ci et de ceux-là soient semblables. »
· Montesquieu : « Le principe de la démocratie se corrompt non seulement lorsqu’on perd l’esprit d’égalité, mais quand on prend l’esprit d’égalité extrême, et que chacun veut être égal à celui qu’il choisit pour commander. »