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	<title>Boutique &#187; Rimbaud</title>
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	<description>Un blog utilisant Blogs Plus-editions.com</description>
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		<title>Rimbaud, Le Bateau ivre  [Bio] [Ressources]</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:49:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Rimbaud]]></category>

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		<description><![CDATA[Arthur Rimbaud (1854-1891) est poète. Il écrit en près de cinq ou six ans (aux alentours de 1870-1875) toute son œuvre. Il symbolise l’archétype du poète libre et contestataire, dans sa vie comme dans la forme qu’il donne à son art. Rimbaud a chamboulé les codes de la poésie en lui donnant de nouvelles impulsions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Arthur Rimbaud </strong>(1854-1891) est poète. Il écrit en près de cinq ou six ans (aux alentours de 1870-1875) toute son œuvre. Il symbolise l’archétype du poète libre et contestataire, dans sa vie comme dans la forme qu’il donne à son art. Rimbaud a chamboulé les codes de la poésie en lui donnant de nouvelles impulsions esthétiques notamment au travers de la figure du « Voyant ». Vers la fin des années 1870, Arthur Rimbaud entre dans un silence complet et ne produit plus rien.</em></p>
<p><span id="more-902"></span></p>
<p><em>Le texte suivant est </em><strong>&#8220;Le Bateau ivre&#8221;<em>. </em></strong><em>A</em><em>vec &#8220;Le dormeur du val&#8221;</em><em> notamment, lc&#8217;est ’un des poèmes les plus fameux de Rimbaud.</em></p>
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<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p><strong>&#8220;Le Bateau ivre&#8221;</strong></p>
<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<p>Comme je descendais des Fleuves impassibles</p>
<p>Je ne me sentis plus guidé par les haleurs:</p>
<p>Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles</p>
<p>Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.</p>
<p>J&#8217;étais insoucieux de tous les équipages,</p>
<p>Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.</p>
<p>Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages</p>
<p>Les Fleuves m&#8217;ont laissé descendre où je voulais.</p>
<p>Dans les clapotements furieux des marées</p>
<p>Moi l&#8217;autre hiver plus sourd que les cerveaux d&#8217;enfants,</p>
<p>Je courus! Et les Péninsules démarrées</p>
<p>N&#8217;ont pas subi tohu-bohus plus triomphants</p>
<p>La tempête a béni mes éveils maritimes.</p>
<p>Plus léger qu&#8217;un bouchon j&#8217;ai dansé sur les flots</p>
<p>Qu&#8217;on appelle rouleurs éternels de victimes,</p>
<p>Dix nuits, sans regretter l&#8217;oeil niais des falots!</p>
<p>Plus douce qu&#8217;aux enfants la chair des pommes sures,</p>
<p>L&#8217;eau verte pénétra ma coque de sapin</p>
<p>Et des taches de vins bleus et des vomissures</p>
<p>Me lava, dispersant gouvernail et grappin.</p>
<p>Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème</p>
<p>De la Mer, infusé d&#8217;astres, et lactescent,</p>
<p>Dévorant les azurs verts; où, flottaison blême</p>
<p>Et ravie, un noyé pensif parfois descend;</p>
<p>Où, teignant tout à coup les bleuités, délires</p>
<p>Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,</p>
<p>Plus fortes que l&#8217;alcool, plus vastes que nos lyres</p>
<p>Fermentent les rousseurs amères de l&#8217;amour!</p>
<p>Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes</p>
<p>Et les ressacs et les courants: je sais le soir,</p>
<p>L&#8217;aube exaltée ainsi qu&#8217;un peuple de colombes,</p>
<p>Et j&#8217;ai vu quelquefois ce que l&#8217;homme a cru voir!</p>
<p>J&#8217;ai vu le soleil bas, taché d&#8217;horreurs mystiques.</p>
<p>Illuminant de longs figements violets,</p>
<p>Pareils à des acteurs de drames très-antiques</p>
<p>Les flots roulant au loin leurs frissons de volets!</p>
<p>J&#8217;ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies</p>
<p>Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,</p>
<p>La circulation des sèves inouïes,</p>
<p>Et l&#8217;éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs!</p>
<p>J&#8217;ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries</p>
<p>Hystériques, la houle à l&#8217;assaut des récifs,</p>
<p>Sans songer que les pieds lumineux des Maries</p>
<p>Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs!</p>
<p>J&#8217;ai heurté, savez-vous, d&#8217;incroyables Florides</p>
<p>Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux</p>
<p>D&#8217;hommes! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides</p>
<p>Sous l&#8217;horizon des mers, à de glauques troupeaux!</p>
<p>J&#8217;ai vu fermenter les marais énormes, nasses</p>
<p>Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan!</p>
<p>Des écroulements d&#8217;eaux au milieu des bonaces</p>
<p>Et les lointains vers les gouffres cataractant!</p>
<p>Glaciers, soleils d&#8217;argent, flots nacreux, cieux de braises!</p>
<p>Echouages hideux au fond des golfes bruns</p>
<p>Où les serpents géants dévorés des punaises</p>
<p>Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums!</p>
<p>J&#8217;aurais voulu montrer aux enfants ces dorades</p>
<p>Du flot bleu, ces poissons d&#8217;or, ces poissons chantants.</p>
<p>- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades</p>
<p>Et d&#8217;ineffables vents m&#8217;ont ailé par instants.</p>
<p>Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,</p>
<p>La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux</p>
<p>Montait vers moi ses fleurs d&#8217;ombre aux ventouses jaunes</p>
<p>Et je restais, ainsi qu&#8217;une femme à genoux&#8230;.</p>
<p>Presque île, ballottant sur mes bords les querelles</p>
<p>Et les fientes d&#8217;oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds</p>
<p>Et je voguais, lorsqu&#8217;à travers mes liens frêles</p>
<p>Des noyés descendaient dormir, à reculons!</p>
<p>Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,</p>
<p>Jeté par l&#8217;ouragan dans l&#8217;éther sans oiseau,</p>
<p>Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses</p>
<p>N&#8217;auraient pas repêché la carcasse ivre d&#8217;eau;</p>
<p>Libre, fumant, monté de brumes violettes,</p>
<p>Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur</p>
<p>Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,</p>
<p>Des lichens de soleil et des morves d&#8217;azur,</p>
<p>Qui courais, taché de lunules électriques,</p>
<p>Planche folle, escorté des hippocampes noirs,</p>
<p>Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques</p>
<p>Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs;</p>
<p>Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues</p>
<p>Le rut des Béhérnots et les Maelstroms épais</p>
<p>Fileur éternel des immobilités bleues</p>
<p>Je regrette l&#8217;Europe aux anciens parapets!</p>
<p>J&#8217;ai vu des archipels sidéraux! et des îles</p>
<p>Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur:</p>
<p>- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors ci t&#8217;exiles,</p>
<p>Million d&#8217;oiseaux d&#8217;or, ô future Vigueur? -</p>
<p>Mais, vrai, j&#8217;ai trop pleuré! Les Aubes sont navrantes.</p>
<p>Toute lune est atroce et tout soleil amer:</p>
<p>L&#8217;âcre amour m&#8217;a gonflé de torpeurs enivrantes.</p>
<p>O que ma quille éclate! O que j&#8217;aille à la mer!</p>
<p>Si je désire une eau d&#8217;Europe, c&#8217;est la flache!</p>
<p>Noire et froide où vers le crépuscule embaumé</p>
<p>Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche</p>
<p>Un bateau frêle comme un papillon de mai.</p>
<p>Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,</p>
<p>Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,</p>
<p>Ni traverser l&#8217;orgueil des drapeaux et des flammes,</p>
<p>Ni nager sous les yeux horribles des pontons.</p>
<p><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</strong></font></p>
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<p><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--></p>
<ul>
<li>Une <a href="http://www.mag4.net/Rimbaud/Biographie.html" title="Biographie de Rimbaud" target="_blank">biographie complète d&#8217;Arthur Rimbaud</a></li>
<li> Un site original qui propose <a href="http://www.rimbaud-arthur.fr/" title="Oeuvres du poète" target="_blank">une lecture multimédia </a>des œuvres du poète</li>
<li>Un dossier complet sur <a href="http://www.fondationlaposte.org/" title="Correspondance de Rimbaud" target="_blank">la correspondance de Rimbaud</a>, sur le site de La Poste.</li>
</ul>
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