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	<title>Boutique &#187; 19e siècle</title>
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		<title>Victor Hugo, Les Misérables [Ressources]</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 15:52:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Hugo]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer le bac français, retrouvez ici un extrait des Misérables de Victor Hugo.
Ve partie : Jean Valjean
Livre premier : La guerre entre quatre murs
I. LA CHARYBDE DU FAUBOURG SAINT-ANTOINE
ET LA SCYLLA DU FAUBOURG DU TEMPLE 
Les deux plus mémorables barricades que l&#8217;observateur des maladies sociales puisse mentionner n&#8217;appartiennent point à la période où est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer le <strong>bac français</strong>, retrouvez ici un extrait <strong>des Misérables</strong> de Victor Hugo.<br />
Ve partie : Jean Valjean</p>
<p align="justify"><strong>Livre premier : La guerre entre quatre murs</strong></p>
<p align="justify"><strong><big>I. LA CHARYBDE DU FAUBOURG SAINT-ANTOINE<br />
ET LA SCYLLA DU FAUBOURG DU TEMPLE </big></strong></p>
<p align="justify">Les deux plus mémorables barricades que l&#8217;observateur des maladies sociales puisse mentionner n&#8217;appartiennent point à la période où est placée l&#8217;action de ce livre. Ces deux barricades, symboles toutes les deux, sous deux aspects différents, d&#8217;une situation redoutable, sortirent de terre lors de la fatale insurrection de juin 1848, la plus grande guerre des rues qu&#8217;ait vue l&#8217;histoire.</p>
<p align="justify">Il arrive quelquefois que, même contre les principes, même contre la liberté, l&#8217;égalité et la fraternité, même contre le vote universel, même contre le gouvernement de tous par tous, du fond de ses angoisses, de ses découragements, de ses dénûments, de ses fièvres, de ses détresses, de ses miasmes, de ses ignorances, de ses ténèbres, cette grande désespérée, la canaille, proteste, et que la populace livre bataille au peuple.</p>
<p align="justify">Les gueux attaquent le droit commun ; l&#8217;ochlocratie s&#8217;insurge contre le démos.</p>
<p align="justify"><strong><font color="#ff6600">Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</font></strong></p>
<ul>
<li>
<p align="justify">Une <a target="_blank" href="http://pages.globetrotter.net/pcbcr/hugo.html" title="Victor Hugo">biographie de Victor Hugo</a>.</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Un <strong>dossier pédagogique</strong> sur l&#8217;oeuvre est disponible sur le site alalettre, avec notamment le <a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/Hugo-miser-resume.htm" title="Misérables">résumé des <em>Misérables</em></a>, le <a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/Hugo-miserables.htm#Contexte%20historique" title="Les Misérables">contexte historique</a>, les <a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/Hugo-miserables.htm#Les%20personnages" title="Les Misérables">personnages</a>, etc.</p>
</li>
<li>
<p align="justify">L&#8217;<a target="_blank" href="http://lettres.ac-rouen.fr/francais/romantik/miserabl/accueil.html" title="Les Misérables">épisode de la barricade</a> (sur le site de l&#8217;académie de Rouen).</p>
</li>
</ul>
<ul>
<li>
<p align="justify">Le texte intégral des <em>Misérables</em> sur le site de la BNF : <a target="_blank" href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72697r" title="Les Misérables">partie 1</a>, <a target="_blank" href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k726983" title="Les Misérables">partie 2</a>, <a target="_blank" href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72699f" title="Les Misérables">partie 3</a>, <a target="_blank" href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72700t" title="Les Misérables">partie 4,</a> <a target="_blank" href="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k727015" title="Les Misérables">partie 5</a>.</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Un <a target="_blank" href="http://www2.bc.edu/~rusch/mis.html" title="Les Misérables">questionnaire interactif</a>.</p>
</li>
<li>
<p align="justify">Des ressources plus poussées sur le site &#8220;<a target="_blank" href="http://groupugo.div.jussieu.fr/" title="Les Misérables">Groupe Hugo</a>&#8220;.</p>
</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Stendhal, Le Rouge et le Noir [Bio] [Ressources]</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:57:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Stendhal]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte dans &#8220;le Rouge et le Noir&#8220;
Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités De l’Amour et Histoire de la peinture [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte dans &#8220;le Rouge et le Noir<em>&#8220;</em></p>
<p align="justify"><em>Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du </em><em>Rouge et le Noir</em><em> et de la </em><em>Chartreuse de Parme</em><em>, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités </em><em>De l’Amour</em><em> et </em><em>Histoire de la peinture en Italie</em><em>. Bien qu’il soit aujourd’hui un écrivain reconnu comme un des grands génies de la littérature française, il fut méconnu de son époque et essuya de nombreux échecs. Amoureux fou de l’Italie, de l’opéra, chantre de l’énergie des cœurs, son œuvre est une mise en scène de la recherche du bonheur.</em><span id="more-1052"></span></p>
<p align="justify">Le texte suivant est extrait du <em>Rouge et le noir</em>.</p>
<p align="justify">« Les grandes chaleurs arrivèrent. On prit l&#8217;habitude de passer les soirées sous un immense tilleul à quelques pas de la maison. L&#8217;obscurité y était profonde. Un soir, Julien parlait avec action, il jouissait avec délices du plaisir de bien parler et à des femmes jeunes ; en gesticulant, il toucha la main de madame de Rênal qui était appuyée sur le dos d&#8217;une de ces chaises de bois peint que l&#8217;on place dans les jardins.</p>
<p align="justify">Cette main se retira bien vite; mais Julien pensa qu&#8217;il était de son devoir d&#8217;obtenir que l&#8217;on ne retirât pas cette main quand il la touchait. L&#8217;idée d&#8217;un devoir à accomplir, et d&#8217;un ridicule ou plutôt d&#8217;un sentiment d&#8217;infériorité à encourir si l&#8217;on n&#8217;y parvenait pas, éloigna sur-le-champ tout plaisir de son cœur.</p>
<p align="justify">Ses regards le lendemain, quand il revit madame de Rênal, étaient singuliers ; il l&#8217;observait comme un ennemi avec lequel il va falloir se battre. Ces regards, si différents de ceux de la veille, firent perdre la tête à madame de Rênal : elle avait été bonne pour lui, et il paraissait fâché. Elle ne pouvait détacher ses regards des siens.</p>
<p align="justify">La présence de madame Derville permettait à Julien de moins parler et de s&#8217;occuper davantage de ce qu&#8217;il avait dans la tête. Son unique affaire, toute cette journée, fut de se fortifier par la lecture du livre inspiré qui retrempait son âme.</p>
<p align="justify">Il abrégea beaucoup les leçons des enfants, et ensuite, quand la présence de madame de Rênal vint le rappeler tout à fait aux soins de sa gloire, il décida qu&#8217;il fallait absolument qu&#8217;elle permît ce soir-là que sa main restât dans la sienne.</p>
<p align="justify">Le soleil, en baissant et rapprochant le moment décisif, fit battre le cœur de Julien d&#8217;une façon singulière. La nuit vint. Il observa, avec une joie qui lui ôta un poids immense de dessus la poitrine, qu&#8217;elle serait fort obscure. Le ciel chargé de gros nuages, promenés par un vent très chaud, semblait annoncer une tempête. Les deux amies se promenèrent fort tard. Tout ce qu&#8217;elles faisaient ce soir-là semblait singulier à Julien. Elles jouissaient de ce temps, qui, pour certaines âmes délicates, semble augmenter le plaisir d&#8217;aimer.</p>
<p align="justify">On s&#8217;assit enfin, madame de Rênal à côté de Julien, et madame Derville près de son amie. Préoccupé de ce qu&#8217;il allait tenter, Julien ne trouvait rien à dire. La conversation languissait. &#8221; Serai-je aussi tremblant et malheureux au premier duel qui me viendra ? &#8221; se dit Julien, car il avait trop de méfiance et de lui et des autres, pour ne pas voir l&#8217;état de son âme.</p>
<p align="justify">Dans sa mortelle angoisse, tous les dangers lui eussent semblé préférables. Que de fois ne désira-t-il pas voir survenir à madame de Rênal quelque affaire qui l&#8217;obligeât de rentrer à la maison et de quitter le jardin ! La violence que Julien était obligé de se faire était trop forte pour que sa voix ne fût pas profondément altérée ; bientôt la voix de madame de Rênal devint tremblante aussi, mais Julien ne s&#8217;en aperçut point. L&#8217;affreux combat que le devoir livrait à la timidité était trop pénible pour qu&#8217;il fût en état de rien observer hors lui-même. Neuf heures trois quarts venaient de sonner à l&#8217;horloge du château, sans qu&#8217;il eût encore rien osé. Julien, indigné de sa lâcheté, se dit : &#8221; Au moment précis où dix heures sonneront, j&#8217;exécuterai ce que, pendant toute la journée, je me suis promis de faire ce soir, ou je monterai chez moi me brûler la cervelle &#8220;.</p>
<p align="justify">Après un dernier moment d&#8217;attente et d&#8217;anxiété, pendant lequel l&#8217;excès de l&#8217;émotion mettait Julien comme hors de lui, dix heures sonnèrent à l&#8217;horloge qui était au-dessus de sa tête. Chaque coup de cette cloche fatale retentissait dans sa poitrine, et y causait comme un mouvement physique.</p>
<p align="justify">Enfin, comme le dernier coup de dix heures retentissait encore, il étendit la main et prit celle de madame de Rênal, qui la retira aussitôt. Julien, sans trop savoir ce qu&#8217;il faisait, la saisit de nouveau. Quoique bien ému lui-même, il fut frappé de la froideur glaciale de la main qu&#8217;il prenait ; il la serrait avec une force convulsive ; on fit un dernier effort pour la lui ôter, mais enfin cette main lui resta.</p>
<p align="justify">Son âme fut inondée de bonheur, non qu&#8217;il aimât madame de Rênal, mais un affreux supplice venait de cesser. »</p>
<p align="justify"><strong><font color="#ff6600">Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</font></strong></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.etudes-litteraires.com/stendhal.php">Des éléments biographiques sur Stendhal</a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Sorel">En savoir plus sur Julien Sorel, le héros du <em>Rouge et le noir</em> </a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://dvdtoile.com/Film.php?id=29310">Le roman adapté au cinéma : la fiche du film avec Carole Bouquet, Judith Godrèche</a></p>
</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Balzac, Le père Goriot [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/le-pere-goriot-balzac/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:56:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Balzac]]></category>
		<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Père Goriot de Honoré de Balzac.
Honoré de Balzac (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de la langue française, La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte du <em>Père Goriot</em> de Honoré de Balzac.</p>
<p align="justify"><em><strong>Honoré de Balzac</strong> (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de la langue française, </em>La Comédie humaine<em>. Parmi ses livres les plus célèbres on compte </em>Le père Goriot, Les Illusions perdues, Le Colonel Chabert, Eugénie Grandet<em>, etc. Il a cherché à aborder tous les sujets, à rendre tous les caractères humains, à créer la galerie de personnages la plus complète. Son œuvre est une fresque gigantesque à la fois historique et sociale qui pour l’essentiel se situe sous le règne de Napoléon et sous la Restauration.</em></p>
<p align="justify">Ce texte est extrait du <em>Père Goriot</em>, voici un morceau de la description de la <strong>pension Vauquer</strong>.</p>
<p align="justify">« Naturellement destiné à l&#8217;exploitation de la pension bourgeoise, le rez-de-chaussée se compose d&#8217;une première pièce éclairée par les deux croisées de la rue, et où l&#8217;on entre par une porte-fenêtre. Ce salon communique à une salle à manger qui est séparée de la cuisine par la cage d&#8217;un escalier dont les marches sont en bois et en carreaux mis en couleur et frottés. Rien n&#8217;est plus triste à voir que ce salon meublé de fauteuils et de chaises en étoffe de crin à raies alternativement mates et luisantes. Au milieu se trouve une table ronde à dessus de marbre Sainte-Anne, décorée de ce cabaret en porcelaine blanche ornée de filets d&#8217;or effacés à demi, que l&#8217;on rencontre partout aujourd&#8217;hui. Cette pièce, assez mal planchéiée, est lambrissée à hauteur d&#8217;appui. Le surplus des parois est tendu d&#8217;un papier verni représentant les principales scènes de <em>Télémaque</em>, et dont les classiques personnages sont coloriés. Le panneau d&#8217;entre les croisées grillagées offre aux pensionnaires le tableau du festin donné au fils d&#8217;Ulysse par Calypso. Depuis quarante ans, cette peinture excite les plaisanteries des jeunes pensionnaires, qui se croient supérieurs à leur position en se moquant du dîner auquel la misère les condamne. La cheminée en pierre, dont le foyer toujours propre atteste qu&#8217;il ne s&#8217;y fait de feu que dans les grandes occasions, est ornée de deux vases pleins de fleurs artificielles, vieillies et encagées, qui accompagnent une pendule en marbre bleuâtre du plus mauvais goût. Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu&#8217;il faudrait appeler <em>l’odeur</em> de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements; elle a le goût d&#8217;une salle où l&#8217;on a dîné; elle pue le service, l&#8217;office, l&#8217;hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l&#8217;on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu&#8217;y jettent les atmosphères catarrhales et <em>sui generis</em> de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien! malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l&#8217;être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd&#8217;hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d&#8217;assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boite à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s&#8217;y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l&#8217;appétit, toutes encadrées en bois verni à filets dorés; un cartel en écaille incrustée de cuivre; un poêle vert, des quinquets d&#8217;Argand où la poussière se combine avec l&#8217;huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu&#8217;un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l&#8217;intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou par les mises en couleur. Enfin, là règne la misère sans poésie; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n&#8217;a pas de fange encore, elle a des taches; si elle n&#8217;a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture. »</p>
<p><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</strong></font></p>
<ul>
<li><a target="_blank" href="http://www.etudes-litteraires.com/balzac.php">Un commentaire de texte sur la description de Vautrin dans le <em>Père Goriot</em></a></li>
<li><a target="_blank" href="http://www.superluciole.com/lire/Zoom/balzac-pere-goriot.htm">Une fiche de lecture sur le <em>Père Goriot</em></a></li>
<li>Connaissez-vous l&#8217;histoire fantastique de <strong>Raphaël de Valentin</strong> ? Ce jeune aristocrate désespéré a perdu sa fortune au jeu. Il tente de se suicider mais il est abordé par un vieillard mystérieux qui le conduit dans une boutique d&#8217;antiquités. Il va y trouver cette fameuse peau de chagrin&#8230; Découvrez en images cette adaptation du célèbre roman de Balzac dans cette vidéo INA de <em>La Peau de chagrin</em></li>
</ul>
<p>[ina]http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&amp;partenariat=d0bc9c092a1b431c8afccd86cab4b13c&amp;noresize[/ina]</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Villiers, &#8220;Véra&#8221; [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/vera-villiers/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:56:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Villiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de Véra de Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam.
Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (1838-1889) fut l’ami de Baudelaire et de Mallarmé. Son œuvre connut un faible écho parmi le public mais a inspiré un respect profond chez des écrivains tels que Mallarmé, Huysmans ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte de <em>Véra de<strong> Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam.</strong></em></p>
<p><em><strong>Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam</strong> (1838-1889) fut l’ami de Baudelaire et de Mallarmé. Son œuvre connut un faible écho parmi le public mais a inspiré un respect profond chez des écrivains tels que Mallarmé, Huysmans ou Verlaine. Ses </em>Contes cruels<em> </em>et L’Eve future<em> sont ses ouvrages les plus célèbres.</em><span id="more-1032"></span></p>
<p><strong><em>Le texte suivant est extrait de </em>&#8220;Véra&#8221;, <em>un des </em>Contes cruels<em>.</em></strong></p>
<p align="justify">« Il se leva, et dans la glace bleuâtre, il se vit plus pâle qu’à l’ordinaire. Il prit un bracelet de perles dans une coupe et regarda les perles attentivement. Véra ne les avait-elle pas ôtées de son bras tout à l’heure, avant de se dévêtir ? Les perles étaient encore tièdes et leur orient plus adouci, comme par la chaleur de sa chair. Et l’opale de ce collier sibérien, qui aimait aussi le beau sein de Véra jusqu’à pâlir, maladivement, dans son treillis d’or, lorsque la jeune femme l’oubliait pendant quelque temps ! Autrefois, la comtesse aimait pour cela cette pierre fidèle !…Ce soir l’opale brillait comme si elle venait d’être quittée et comme si le magnétisme exquis de la belle morte la pénétrait encore. En reposant le collier et la pierre précieuse, le comte toucha par hasard le mouchoir de batiste dont les gouttes de sang étaient humides et rouges comme des œillets sur la neige !…Là, sur le piano, qui donc avait tourné la page finale de la mélodie d’autrefois ? Quoi ! la veilleuse sacrée s’était allumée dans le reliquaire ! Oui, sa flamme dorée éclairait mystiquement le visage, aux yeux fermés, de la Madone ! Et ces fleurs orientales, nouvellement cueillies, qui s’épanouissaient là, dans les vieux vases de Saxe, quelle main venait de les y placer ? La chambre semblait joyeuse et douée de vie, d’une façon plus significative et plus intense que d’habitude. Mais rien ne pouvait surprendre le comte ! Cela lui semblait tellement normal qu’il ne fit même pas attention que l’heure sonnait à cette pendule arrêtée depuis une année.</p>
<p>Ce soir-là, cependant on eût dit que, du fond des ténèbres, la comtesse Véra s’efforçait adorablement de revenir dans cette chambre tout embaumée d’elle. Elle y avait laissé tant de sa personne ! Tout ce qui avait constitué son existence l’y attirait. Son charme y flottait ; les longues violences faites par la volonté passionnée de son époux y devaient avoir desserré les vagues liens de l’Invisible autour d’elle !…</p>
<p>Elle y était nécessitée. Tout ce qu’elle aimait, c’était là. »</p>
<p><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</strong></font></p>
<p>&lt;!&#8211;[if !supportEmptyParas]&#8211;&gt; &lt;!&#8211;[endif]&#8211;&gt;</p>
<p>&lt;!&#8211;[endif]&#8211;&gt;</p>
<ul>
<li><a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_de_Villiers_de_L%27Isle-Adam">Une biographie de Villiers de l&#8217;Isle-Adam</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://www.arbredor.com/titres/eve.html">Un autre texte de Villier de l&#8217;Isle : L&#8217;Eve future</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Zola, L&#8217;Assommoir [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/lassommoir-emile-zola/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Zola]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte dans L&#8217;Assommoir d&#8217;Emile Zola.
Emile Zola (1840-1902) est le chef de file des écrivains naturalistes. Auteur d’une œuvre abondante, il a écrit de nombreux romans et quelques essais à valeur de fondement théorique. Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte dans <em>L&#8217;Assommoir</em> d&#8217;Emile Zola.</p>
<p align="justify"><em>Emile Zola (1840-1902) est le chef de file des écrivains <strong>naturalistes</strong>. Auteur d’une œuvre abondante, il a écrit de nombreux romans et quelques essais à valeur de fondement théorique. </em>Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire<em>, écrite entre 1871 et 1893, est une tentative de montrer dans une vingtaine de romans l’influence de l’hérédité et du milieu social sur l’évolution d’une famille. C’est une démarche scientifique que Zola tente de mettre en mots. La démonstration se confine à la mise en œuvre d’une mécanique scientifique transposée en mécanique littéraire. Dans sa préface à </em>l’Assomoir<em>, Zola écrit : « Depuis 1869, le plan général [des Rougon-Macquart] est arrêté, et je le suis avec une rigueur extrême. </em>L’Assommoir <em>est venu à son heure, je l’ai écrit, comme j’écrirai les autres, sans me déranger une seconde de ma ligne droite ».</em><span id="more-1022"></span></p>
<p align="justify"><em>Cet ouvrage est le septième tome de la série des </em>Rougon-Macquart<em>. Il raconte l’histoire de Gervaise, issue de la branche malade de la famille. L’extrait suivant est important dans le déroulement du roman. Il appartient au chapitre central du livre où le sort de Gervaise est définitivement scellé pour le pire. Elle invite tous les gens de sa connaissance pour un festin. Elle a préparé une oie énorme dont chacun vient se repaître.</em></p>
<p align="justify">« Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette ; c&#8217;est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s&#8217;être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d&#8217;ailleurs, s&#8217;emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C&#8217;était même touchant de regarder cette gourmande s&#8217;enlever un bout d&#8217;aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c&#8217;est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s&#8217;arrêter, parce qu&#8217;elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d&#8217;oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n&#8217;était pas une femme. Est-ce que l&#8217;oie avait jamais fait du mal à quelqu&#8217;un ? Au contraire, l&#8217;oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé ; et, pour crâner, il s&#8217;enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah ! nom de Dieu ! oui, on s&#8217;en flanqua une bosse ! Quand on y est, on y est, n&#8217;est-ce pas ? et si l&#8217;on ne se paie qu&#8217;un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s&#8217;en fourrer jusqu&#8217;aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres ! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu&#8217;on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité. »</p>
<p><strong><font color="#ff6600">Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</font></strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" href="http://www.cahiers-naturalistes.com/vie_de_zola.htm">Biographie de Zola</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lang3035/lang3035_zola.htm">Le naturalisme</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://ourworld.compuserve.com/homepages/bib_lisieux/letjeuns.htm">&#8220;Lettre à la jeunesse&#8221; de Zola</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Stendhal, La Chartreuse de Parme [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/la-chartreuse-de-parme-stendhal/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:55:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Stendhal]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de La Chartreuse de Parme de Stendhal.
Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités De l’Amour et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte de La <em>Chartreuse de Parme</em> de Stendhal.</p>
<p align="justify"><em>Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du </em>Rouge et le Noir<em> et de la Chartreuse de Parme, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités De l’Amour et Histoire de la peinture en Italie. Bien qu’il soit aujourd’hui un écrivain reconnu comme un des grands génies de la littérature française, il fut méconnu de son époque et essuya de nombreux échecs. Amoureux fou de l’Italie, de l’opéra, chantre de l’énergie des cœurs, son œuvre est une mise en scène de la recherche du bonheur.</em><span id="more-1012"></span></p>
<p align="justify"><em>Dans le texte suivant, extrait de la Chartreuse, Fabrice Del Dongo, le héros, se rend à Waterloo suivre son idole, Napoléon, revenu pour cent jours. Il est venu se battre et voir le feu mais il cherche sans arrêt le lieu du combat.</em></p>
<p align="justify">« Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois la peur ne venait chez lui qu&#8217;en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L&#8217;escorte prit le galop; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.</p>
<p align="justify">- Les habits rouges ! les habits rouges ! criaient avec joie les hussards de l&#8217;escorte, et d&#8217;abord Fabrice ne comprenait pas ; enfin il remarqua qu&#8217;en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d&#8217;horreur ; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore, ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s&#8217;arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L&#8217;escorte s&#8217;arrêta ; Fabrice, qui ne faisait pas assez d&#8217;attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.</p>
<p align="justify">- Veux-tu bien t&#8217;arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal des logis. Fabrice s&#8217;aperçut qu&#8217;il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d&#8217;un air d&#8217;autorité et presque de réprimande ; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité ; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin:</p>
<p>- Quel est-il ce général qui gourmande son voisin ?</p>
<p>- Pardi, c&#8217;est le maréchal !</p>
<p>- Quel maréchal?</p>
<p>- Le maréchal Ney, bêta ! Ah çà! où as-tu servi jusqu&#8217;ici ?</p>
<p align="justify">Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l&#8217;injure ; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskova, le brave des braves.</p>
<p align="justify">Tout à coup on partit au grand galop. Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en avant, une terre labourée qui était remuée d&#8217;une façon singulière. Le fond des sillons était plein d&#8217;eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de haut. Fabrice remarqua en passant cet effet singulier ; puis sa pensée se remit à songer à la gloire du maréchal. Il entendit un cri sec auprès de lui : c&#8217;étaient deux hussards qui tombaient atteints par des boulets ; et, lorsqu&#8217;il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l&#8217;escorte. Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue.</p>
<p align="justify">Ah ! m&#8217;y voilà donc enfin au feu ! se dit-il. J&#8217;ai vu le feu ! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. A ce moment, l&#8217;escorte allait ventre à terre, et notre héros comprit que c&#8217;étaient des boulets qui faisaient voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d&#8217;où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines ; il n&#8217;y comprenait rien du tout. »</p>
<p><strong><font color="#ff6600">Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</font></strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/stendhal-chartreuse.htm#R%C3%A9sum%C3%A9%20du%20roman">Un résumé de <em>La Chartreuse de Parme</em></a></li>
<li><a target="_blank" href="http://www.armance.com/sommaire-stendhal.html">Un site très complet sur Stendhal</a></li>
<li><a target="_blank" href="http://jy.reysset.free.fr/wordpress/">Un blog d&#8217;actualités sur Stendhal</a><a href="http://www.armance.com/sommaire-stendhal.html"><br />
</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Maupassant, L&#8217;ami patience [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/lami-patience-maupassant/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:55:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Maupassant]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de L&#8217;ami patience de Guy de Maupassant. 
Guy de Maupassant (1850-1893) commence dans la vie par le métier de fonctionnaire avant de se tourner vers le journalisme et l’écriture romanesque notamment grâce au succès de Boule de suif (1880) qu’il publie dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte de <em>L&#8217;ami patience</em> de Guy de Maupassant.<strong><em> </em></strong></p>
<p align="justify"><em><strong>Guy de Maupassant </strong>(1850-1893) commence dans la vie par le métier de fonctionnaire avant de se tourner vers le journalisme et l’écriture romanesque notamment grâce au succès de Boule de suif (1880) qu’il publie dans le recueil de nouvelles Les Soirées de Medan au côté de Zola et Huysmans. Il a composé près de trois cents contes et nouvelles auxquels s’ajoutent quelques romans tels que Pierre et Jean, Bel-Ami ou Une vie. A mesure que les années passent l’état psychique de Maupassant se dégrade favorisant le passage d’une littérature réaliste à une autre où le fantastique prend une part centrale.</em><span id="more-1002"></span></p>
<p align="justify"><em>Dans le texte qui suit, extrait d’une nouvelle &#8220;L’ami Patience&#8221;, le narrateur rend visite à cet ami qu’il a rencontré la veille par hasard, des années après l’avoir perdu de vue.</em></p>
<p align="justify">« J&#8217;atteignis bientôt la rue cherchée. Elle était grande, assez belle, sur la limite de la ville et des champs. Je regardais les maisons et j&#8217;aperçus le 17. C&#8217;était une sorte d&#8217;hôtel avec un jardin derrière. La façade ornée de fresques à la mode italienne me parut de mauvais goût. On voyait des déesses penchant des urnes, d&#8217;autres dont un nuage cachait les beautés secrètes. Deux amours de pierre tenaient le numéro. Je dis au trésorier-payeur général :</p>
<p align="justify">- C&#8217;est ici que je vais.</p>
<p align="justify">Et je tendis la main pour le quitter. Il fit un geste brusque et singulier, mais ne dit rien et serra la main que je lui présentais.</p>
<p align="justify">Je sonnai. Une bonne apparut. Je demandai :</p>
<p align="justify">- Monsieur Patience, s&#8217;il vous plaît.</p>
<p align="justify">- Elle répondit :</p>
<p align="justify">- C&#8217;est ici, monsieur&#8230; C&#8217;est à lui-même que vous désirez parler ?</p>
<p align="justify">- Mais oui.</p>
<p align="justify">Le vestibule était également orné de peintures dues au pinceau de quelque artiste du lieu. Des Paul et des Virginie s&#8217;embrassaient sous des palmiers noyés dans une lumière rose. Une lanterne orientale et hideuse pendait au plafond. Plusieurs portes étaient masquées par des tentures éclatantes.</p>
<p align="justify">Mais ce qui me frappait surtout, c&#8217;était l&#8217;odeur. Une odeur écoeurante et parfumée, rappelant la poudre de riz et la moisissure des caves. Une odeur indéfinissable dans une atmosphère lourde, accablante comme celle des étuves où l&#8217;on pétrit des corps humains. Je montai, derrière la bonne, un escalier de marbre que couvrait un tapis de genre oriental, et on m&#8217;introduisit dans un somptueux salon.</p>
<p align="justify">Resté seul je regardai autour de moi.</p>
<p align="justify">La pièce était richement meublée, mais avec une prétention de parvenu polisson. Des gravures du siècle dernier, assez belles d&#8217;ailleurs, représentaient des femmes à haute coiffure poudrée, à moitié nues, surprises par des messieurs galants en des postures intéressantes. Une autre dame couchée en un grand lit ravagé batifolait du pied avec un petit chien noyé dans les draps ; une autre résistait avec complaisance à son amant dont la main fuyait sous les jupes. Un dessin montrait quatre pieds dont les corps se devinaient cachés derrière un rideau. La vaste pièce, entourée de divans moelleux, était tout entière imprégnée de cette odeur énervante et fade qui m&#8217;avait déjà saisi. Quelque chose de suspect se dégageait des murs, des étoffes, du luxe exagéré, de tout.</p>
<p align="justify">Je m&#8217;approchai de la fenêtre pour regarder le jardin dont j&#8217;apercevais les arbres. Il était fort grand, ombragé, superbe. Un large chemin contournait un gazon où s&#8217;égrenait dans l&#8217;air un jet d&#8217;eau, entrait sous des massifs, en ressortait plus loin. Et tout à coup, là-bas, tout au fond, entre deux taillis d&#8217;arbustes, trois femmes apparurent. Elles marchaient lentement, se tenant par le bras, vêtues de longs peignoirs blancs ennuagés de dentelles. Deux étaient blondes, et l&#8217;autre brune. Elles rentrèrent aussitôt sous les arbres. Je demeurai saisi, ravi, devant cette courte et charmante apparition qui fit surgir en moi tout un monde poétique. Elles s&#8217;étaient montrées à peine, dans le jour qu&#8217;il fallait, dans ce cadre de feuilles, dans ce fond de parc secret et délicieux. J&#8217;avais revu, d&#8217;un seul coup, les belles dames de l&#8217;autre siècle errant sous les charmilles, ces belles dames dont les gravures galantes des murs rappelaient les légères amours. Et je pensais au temps heureux, fleuri, spirituel et tendre où les moeurs étaient si douces et les lèvres si faciles&#8230;</p>
<p align="justify">Une grosse voix me fit bondir sur place. Patience était entré, et, radieux, me tendit les mains.</p>
<p align="justify">Il me regarda au fond des yeux de l&#8217;air sournois qu&#8217;on prend pour les confidences amoureuses, et, d&#8217;un geste large et circulaire, d&#8217;un geste de Napoléon, il me montra son salon somptueux, son parc, les trois femmes qui repassaient au fond, puis, d&#8217;une voix triomphante où chantait l&#8217;orgueil :</p>
<p align="justify">- Et dire que j&#8217;ai commencé avec rien&#8230; ma femme et ma belle-soeur. »</p>
<p align="justify"><span style="color: #ff6600"><strong>Pour aller plus loin avecLeWebPédagogique :</strong></span><a href="http://maupassant.free.fr/"></a></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><a href="http://maupassant.free.fr/" target="_blank">Un très bon site sur Maupassant, avec de nombreux liens</a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a href="http://www.alalettre.com/maupassant-belami.htm#R%E9sum%E9%20de%20Bel%20Ami" target="_blank">Un résumé de <em>Bel-Ami</em>, l&#8217;un des romans les plus célèbres de Maupassant</a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a href="http://education.france5.fr/renoir/" target="_blank">L&#8217;adaptation au cinéma d&#8217;une nouvelle de Maupassant &#8220;Une partie de campagne&#8221; par Renoir</a></p>
</li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/les-diaboliques-barbey-d%e2%80%99aurevilly/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Barbey d'Aurevilly]]></category>
		<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Rideau cramoisi.  
Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), écrivain, polémiste, chantre du dandysme, réactionnaire, catholique, a influencé à sa suite de nombreux écrivains parmi lesquels Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy. Ses attributs divers lui ont permis de constituer une œuvre d’égale maîtrise d’un bout à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte du <em>Rideau cramoisi</em>. <strong><em> </em></strong></p>
<p align="justify"><em><strong>Jules Barbey d’Aurevilly </strong>(1808-1889), écrivain, polémiste, chantre du dandysme, réactionnaire, catholique, a influencé à sa suite de nombreux écrivains parmi lesquels Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy. Ses attributs divers lui ont permis de constituer une œuvre d’égale maîtrise d’un bout à l’autre de sa conception. Romancier, il a écrit notamment </em>Le chevalier des Touches<em> et </em>Une vieille maîtresse<em>. Son œuvre la plus célèbre, </em>Les Diaboliques<em>, est un recueil de six nouvelles. Elles sont un concentré de noirceur, de provocation et d’humour. Elles sont aussi, avant toute chose, une exhalaison douce-amère de l’odor di femmina.</em></p>
<p align="justify"><span id="more-992"></span></p>
<p align="justify"><em>Le texte suivant est un extrait du &#8220;Rideau cramoisi&#8221;, une des </em><strong>Diaboliques</strong><em><strong>. </strong>Le narrateur raconte une vieille histoire à son compagnon de voyage en carrosse suite à une station sous les fenêtres d’une demeure qu’il a bien connu pour y avoir vécu un temps à l’époque où il était jeune soldat. Reviennent à lui les souvenirs troublants d’une liaison éphémère qu’il a entretenu avec la fille de ses hôtes.</em></p>
<p align="justify">« Un soir, il y avait à peu près un mois que Mlle Alberte était revenue à la maison, et nous nous mettions à table pour souper. Je l&#8217;avais à côté de moi, et je faisais si peu d&#8217;attention à elle que je n&#8217;avais pas encore pris garde à ce détail de tous les jours qui aurait dû me frapper: qu&#8217;elle fût à table auprès de moi au lieu d&#8217;être entre sa mère et son père, quand, au moment où je dépliais ma serviette sur mes genoux&#8230; non, jamais je ne pourrai vous donner l&#8217;idée de cette sensation et de cet étonnement ! je sentis une main qui prenait hardiment la mienne par-dessous la table. Je crus rêver&#8230; ou plutôt je ne crus rien du tout&#8230; Je n&#8217;eus que l&#8217;incroyable sensation de cette main audacieuse, qui venait chercher la mienne jusque sous ma serviette ! Et ce fut inouï autant qu&#8217;inattendu ! Tout mon sang, allumé sous cette prise, se précipita de mon coeur dans cette main, comme soutiré par elle, puis remonta furieusement, comme chassé par une pompe, dans mon coeur ! Je vis bleu&#8230; mes oreilles tintèrent. Je dus devenir d&#8217;une pâleur affreuse. Je crus que j&#8217;allais m&#8217;évanouir&#8230; que j&#8217;allais me dissoudre dans l&#8217;indicible volupté causée par la chair tassée de cette main, un peu grande, et forte comme celle d&#8217;un jeune garçon, qui s&#8217;était fermée sur la mienne. &#8211; Et, comme, vous le savez, dans ce premier âge de la vie, la volupté a son épouvante, je fis un mouvement pour retirer ma main de cette folle main qui l&#8217;avait saisie, mais qui, me la serrant alors avec l&#8217;ascendant du plaisir qu&#8217;elle avait conscience de me verser, la garda d&#8217;autorité, vaincue comme ma volonté, et dans l&#8217;enveloppement le plus chaud, délicieusement étouffée&#8230; Il y a trente-cinq ans de cela, et vous me ferez bien l&#8217;honneur de croire que ma main s&#8217;est un peu blasée sur l&#8217;étreinte de la main des femmes; mais j&#8217;ai encore là, quand j&#8217;y pense, l&#8217;impression de celle-ci étreignant la mienne avec un despotisme si insensément passionné ! En proie aux mille frissonnements que cette enveloppante main dardait à mon corps tout entier, je craignais de trahir ce que j&#8217;éprouvais devant ce père et cette mère, dont la fille, sous leurs yeux, osait&#8230; Honteux pourtant d&#8217;être moins homme que cette fille hardie qui s&#8217;exposait à se perdre, et dont un incroyable sang-froid couvrait l&#8217;égarement, je mordis ma lèvre au sang dans un effort surhumain, pour arrêter le tremblement du désir, qui pouvait tout révéler à ces pauvres gens sans défiance, et c&#8217;est alors que mes yeux cherchèrent l&#8217;autre de ces deux mains que je n&#8217;avais jamais remarquées, et qui, dans ce périlleux moment, tournait froidement le bouton d&#8217;une lampe qu&#8217;on venait de mettre sur la table, car le jour commençait de tomber&#8230; Je la regardai&#8230; C&#8217;était donc là la soeur de cette main que je sentais pénétrant la mienne, comme un foyer d&#8217;où rayonnaient et s&#8217;étendaient le long de mes veines d&#8217;immenses lames de feu ! Cette main, un peu épaisse, mais aux doigts longs et bien tournés, au bout desquels la lumière de la lampe, qui tombait d&#8217;aplomb sur elle, allumait des transparences roses, ne tremblait pas et faisait son petit travail d&#8217;arrangement de la lampe, pour la faire aller, avec une fermeté, une aisance et une gracieuse langueur de mouvement incomparables ! Cependant nous ne pouvions pas rester ainsi&#8230; Nous avions besoin de nos mains pour dîner&#8230; Celle de Mlle Alberte quitta donc la mienne; mais au moment où elle la quitta, son pied, aussi expressif que sa main, s&#8217;appuya avec le même aplomb, la même passion, la même souveraineté, sur mon pied, et y resta tout le temps que dura ce dîner trop court, lequel me donna la sensation d&#8217;un de ces bains insupportablement brûlants d&#8217;abord, mais auxquels on s&#8217;accoutume, et dans lesquels on finit par se trouver si bien, qu&#8217;on croirait volontiers qu&#8217;un jour les damnés pourraient se trouver fraîchement et suavement dans les brasiers de leur enfer, comme les poissons dans leur eau!&#8230; Je vous laisse à penser si je dînai ce jour-là, et si je me mêlai beaucoup aux menus propos de mes honnêtes hôtes, qui ne se doutaient pas, dans leur placidité, du drame mystérieux et terrible qui se jouait alors sous la table. Ils ne s&#8217;aperçurent de rien; mais ils pouvaient s&#8217;apercevoir de quelque chose, et positivement je m&#8217;inquiétais pour eux&#8230; pour eux, bien plus que pour moi et pour elle. J&#8217;avais l&#8217;honnêteté et la commisération de mes dix-sept ans&#8230; Je me disais : &#8220;Est-elle effrontée? Est-elle folle?&#8221; Et je la regardais du coin de l&#8217;oeil, cette folle qui ne perdait pas une seule fois, durant le dîner, son air de Princesse en cérémonie, et dont le visage resta aussi calme que si son pied n&#8217;avait pas dit et fait toutes les folies que peut dire et faire un pied, &#8211; sur le mien ! J&#8217;avoue que j&#8217;étais encore plus surpris de son aplomb que de sa folie. J&#8217;avais beaucoup lu de ces livres légers où la femme n&#8217;est pas ménagée. J&#8217;avais reçu une éducation d&#8217;école militaire. Utopiquement du moins, j&#8217;étais le Lovelace de fatuité que sont plus ou moins tous les très jeunes gens qui se croient de jolis garçons, et qui ont pâturé des bottes de baisers derrière les portes et dans les escaliers, sur les lèvres des femmes de chambre de leurs mères. Mais ceci déconcertait mon petit aplomb de Lovelace de dix-sept ans. Ceci me paraissait plus fort que ce que j&#8217;avais lu, que tout ce que j&#8217;avais entendu dire sur le naturel dans le mensonge attribué aux femmes, &#8211; sur la force de masque qu&#8217;elles peuvent mettre à leurs plus violentes ou leurs plus profondes émotions. Songez donc ! elle avait dix-huit ans! Les avait-elle même ?&#8230; Elle sortait d&#8217;une pension que je n&#8217;avais aucune raison pour suspecter, avec la moralité et la piété de la mère qui l&#8217;avait choisie pour son enfant. Cette absence de tout embarras, disons le mot, ce manque absolu de pudeur, cette domination aisée sur soi-même en faisant les choses les plus imprudentes, les plus dangereuses pour une jeune fille, chez laquelle pas un geste, pas un regard n&#8217;avait prévenu l&#8217;homme auquel elle se livrait par une si monstrueuse avance, tout cela me montait au cerveau et apparaissait nettement à mon esprit, malgré le bouleversement de mes sensations&#8230; Mais ni dans ce moment, ni plus tard, je ne m&#8217;arrêtai à philosopher là-dessus. Je ne me donnai pas d&#8217;horreur factice pour la conduite de cette fille d&#8217;une si effrayante précocité dans le mal. D&#8217;ailleurs, ce n&#8217;est pas à l&#8217;âge que j&#8217;avais, ni même beaucoup plus tard, qu&#8217;on croit dépravée la femme qui &#8211; au premier coup d&#8217;oeil &#8211; se jette à vous ! On est presque disposé à trouver cela tout simple, au contraire, et si on dit : &#8220;La pauvre femme !&#8221; c&#8217;est déjà beaucoup de modestie que cette pitié ! Enfin, si j&#8217;étais timide, je ne voulais pas être un niais ! La grande raison française pour faire sans remords tout ce qu&#8217;il y a de pis. Je savais, certes, à n&#8217;en pas douter, que ce que cette fille éprouvait pour moi n&#8217;était pas de l&#8217;amour. L&#8217;amour ne procède pas avec cette impudeur et cette impudence, et je savais parfaitement aussi que ce qu&#8217;elle me faisait éprouver n&#8217;en était pas non plus. Mais, amour ou non&#8230; ce que c&#8217;était, je le voulais !&#8230; Quand je me levai de table, j&#8217;étais résolu&#8230; La main de cette Alberte, à laquelle je ne pensais pas une minute avant qu&#8217;elle eût saisi la mienne, m&#8217;avait laissé, jusqu&#8217;au fond de mon être, le désir de m&#8217;enlacer tout entier à elle tout entière, comme sa main s&#8217;était enlacée à ma main ! »</p>
<p align="justify"><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :</strong></font></p>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://w3.lla.univ-tlse2.fr/barbey/">Un site consacré à Barbey d&#8217;Aurevilly, sa vie, son oeuvre</a></p>
</li>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://francois.darbonneau.free.fr/">Comprendre Barbey d&#8217;Aurevilly : le dandysme</a></p>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.proverbes-citations.com/barbey.htm">Une rapide biographie de Barbey d&#8217;Aurevilly et quelques citations célèbres</a></p>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18729422&amp;cfilm=55720.html">Une nouvelle de Barbey d&#8217;Aurevilly adaptée au cinéma : découvrez la bande annonce d&#8217;<em>Une vieille maîtresse</em></a></p>
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</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Flaubert, L&#8217;Education Sentimentale [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/leducation-sentimentale-flaubert/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:54:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Flaubert]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de L&#8217;Education sentimentale.  
Gustave Flaubert (1821-1880) publie L’éducation sentimentale en 1869. Ce maître-livre de la littérature du XIXe siècle met en scène Frédéric Moreau, un des modèles les plus réussis de l’anti-héros. Le texte suivant est l’incipit du roman.
Tout au long de cet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer au mieux le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte de <em>L&#8217;Education sentimentale</em>.  </p>
<p align="justify"><em><strong>Gustave Flaubert</strong> (1821-1880) publie </em><strong>L’éducation sentimentale</strong><em><strong> </strong>en 1869. Ce maître-livre de la littérature du XIX<sup>e</sup> siècle met en scène Frédéric Moreau, un des modèles les plus réussis de l’anti-héros. Le texte suivant est <strong>l’incipit </strong>du roman.</em></p>
<p align="justify"><em>Tout au long de cet anti-roman d’éducation, on admire le style de Flaubert, son génie littéraire, son sens parfait de la dérision et de l’ironie, en même temps que la narration remarquable des désillusions et des échecs de Frédéric Moreau. Les ouvrages de Flaubert sont le lieu d’une recherche inlassable de la perfection dans le rythme de la prose. Le but est de ciseler chaque phrase. Pour ce faire, il expérimentait concrètement leur sonorité dans son « gueuloir ». Flaubert, de la recherche documentaire jusqu’à l’écriture, a toujours le souci de l’exactitude et de la perfection</em>.<span id="more-982"></span>« Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau , près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard.</p>
<p align="justify">Des gens arrivaient hors d&#8217;haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s&#8217;absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s&#8217;échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d&#8217;une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l&#8217;avant, tintait sans discontinuer.</p>
<p align="justify">Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins, de chantiers et d&#8217;usines, filèrent comme deux larges rubans que l&#8217;on déroule.</p>
<p align="justify">Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. A travers le brouillard, il contemplait des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d&#8217;oeil, l&#8217;île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir.</p>
<p align="justify">M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s&#8217;en retournait à Nogent-sur-Seine, où il devait languir pendant deux mois, avant d&#8217;aller faire son droit. Sa mère, avec la somme indispensable, l&#8217;avait envoyé au Havre voir un oncle, dont elle espérait, pour lui, l&#8217;héritage ; il en était revenu la veille seulement ; et il se dédommageait de ne pouvoir séjourner dans la capitale, en regagnant sa province par la route la plus longue.</p>
<p align="justify">Le tumulte s&#8217;apaisait ; tous avaient pris leur place ; quelques-uns, debout, se chauffaient autour de la machine, et la cheminée crachait avec un râle lent et rythmique son panache de fumée noire ; des gouttelettes de rosée coulaient sur les cuivres ; le pont tremblait sous une petite vibration intérieure, et les deux roues, tournant rapidement, battaient l&#8217;eau. »</p>
<p align="justify"><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avecLeWebPédagogique :</strong></font></p>
<ul>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/flaubert-education.htm">Une fiche sur <em>l&#8217;Education sentimentale</em></a></p>
</li>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://flaubert.univ-rouen.fr/">Un site très complet sur Flaubert</a></p>
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<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.etudes-litteraires.com/flaubert-education-sentimentale.php">Un commentaire de texte sur un extrait de <em>l&#8217;Education sentimentale</em></a></p>
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</ul>
]]></content:encoded>
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		<title>Balzac, Le Colonel Chabert [Bio] [Ressources]</title>
		<link>http://plus-editions.com/boutique/2007/11/30/le-colonel-chabert-balzac/</link>
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		<pubDate>Fri, 30 Nov 2007 10:53:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Balzac]]></category>
		<category><![CDATA[EAF : Auteurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://lewebpedagogique.com/bac-premiere/le-colonel-chabert-balzac/</guid>
		<description><![CDATA[Pour préparer le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Colonel Chabert de Balzac.  
Honoré de Balzac (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de langue française, La Comédie humaine. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">Pour préparer le <strong>bac français</strong>, retrouvez dans cet article un texte du <em>Colonel Chabert</em> de Balzac. <strong><em> </em></strong></p>
<p align="justify"><em><strong>Honoré de Balzac</strong> (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de langue française, La Comédie humaine. Parmi ses romans les plus célèbres on compte Le père Goriot, Les Illusions perdues, Le Colonel Chabert, Eugénie Grandet, etc. Il a cherché à aborder tous les sujets, à rendre tous les caractères humains, à créer la galerie de personnages la plus complète de son temps. Son œuvre est une fresque gigantesque à la fois historique et sociale.</em></p>
<p align="justify"><strong><em>Ce texte est extrait du </em>Colonel Chabert<em>. Derville, l’avoué, découvre dans son bureau ce curieux client revenu de chez les morts.</em></strong></p>
<p align="justify">« Le jeune avoué demeura pendant un moment stupéfait en entrevoyant dans le clair-obscur le singulier client qui l&#8217;attendait. Le colonel Chabert était aussi parfaitement immobile que peut l&#8217;être une figure en cire de ce cabinet de Curtius où Godeschal avait voulu mener ses camarades. Cette immobilité n&#8217;aurait peut-être pas été un sujet d&#8217;étonnement, si elle n&#8217;eût complété le spectacle surnaturel que présentait l&#8217;ensemble du personnage. Le vieux soldat était sec et maigre. Son front, volontairement caché sous les cheveux de sa perruque lisse, lui donnait quelque chose de mystérieux. Ses yeux paraissaient couverts d&#8217;une taie transparente : vous eussiez dit de la nacre sale dont les reflets bleuâtres chatoyaient à la lueur des bougies. Le visage pâle, livide, et en lame de couteau, s&#8217;il est permis d&#8217;emprunter cette expression vulgaire, semblait mort. Le cou était serré par une mauvaise cravate de soie noire. L&#8217;ombre cachait si bien le corps à partir de la ligne brune que décrivait ce haillon, qu&#8217;un homme d&#8217;imagination aurait pu prendre cette vieille tête pour quelque silhouette due au hasard, ou pour un portrait de Rembrandt, sans cadre. Les bords du chapeau qui couvrait le front du vieillard projetaient un sillon noir sur le haut du visage. Cet effet bizarre, quoique naturel, faisait ressortir, par la brusquerie du contraste, les rides blanches, les sinuosités froides, le sentiment décoloré de cette physionomie cadavéreuse. Enfin l&#8217;absence de tout mouvement dans le corps, de toute chaleur dans le regard, s&#8217;accordait avec une certaine expression de démence triste, avec les dégradants symptômes par lesquels se caractérise l&#8217;idiotisme, pour faire de cette figure je ne sais quoi de funeste qu&#8217;aucune parole humaine ne pourrait exprimer. Mais un observateur, et surtout un avoué, aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d&#8217;une douleur profonde, les indices d&#8217;une misère qui avait dégradé ce visage, comme les gouttes d&#8217;eau tombées du ciel sur un beau marbre l&#8217;ont à la longue défiguré. Un médecin, un auteur, un magistrat eussent pressenti tout un drame à l&#8217;aspect de cette sublime horreur dont le moindre mérite était de ressembler à ces fantaisies que les peintres s&#8217;amusent à dessiner au bas de leurs pierres lithographiques en causant avec leurs amis.</p>
<p align="justify">En voyant l&#8217;avoué, l&#8217;inconnu tressaillit par un mouvement convulsif semblable à celui qui échappe aux poètes quand un bruit inattendu vient les détourner d&#8217;une féconde rêverie, au milieu du silence et de la nuit. Le vieillard se découvrit promptement et se leva pour saluer le jeune homme ; le cuir qui garnissait l&#8217;intérieur de son chapeau étant sans doute fort gras, sa perruque y resta collée sans qu&#8217;il s&#8217;en aperçût, et laissa voir à nu son crâne horriblement mutilé par une cicatrice transversale qui prenait à l&#8217;occiput et venait mourir à l&#8217;oeil droit, en formant partout une grosse couture saillante. L&#8217;enlèvement soudain de cette perruque sale, que le pauvre homme portait pour cacher sa blessure, ne donna nulle envie de rire aux deux gens de loi, tant ce crâne fendu était épouvantable à voir. La première pensée que suggérait l&#8217;aspect de cette blessure était celle-ci : &#8211; Par là s&#8217;est enfuie l&#8217;intelligence ! »</p>
<p align="justify"><font color="#ff6600"><strong>Pour aller plus loin avecLeWebPédagogique :</strong></font></p>
<ul>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.alalettre.com/balzac-bio.htm">Une biographie de Balzac</a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/balzac/balzacSF.htm">Une autre biographie de Balzac retraçant en parallèle le moment d&#8217;écriture de ses oeuvres principales</a></p>
</li>
<li>
<p align="justify"><a target="_blank" href="http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=7156">Une fiche sur le film adapté du roman <em>Le colonel Chabert</em> avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre</a></p>
</li>
</ul>
<p align="justify"><a href="http://www.alalettre.com/balzac-bio.htm"></a></p>
]]></content:encoded>
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