Archive pour la catégorie ‘19e siècle’

Victor Hugo, Les Misérables [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer le bac français, retrouvez ici un extrait des Misérables de Victor Hugo.
Ve partie : Jean Valjean

Livre premier : La guerre entre quatre murs

I. LA CHARYBDE DU FAUBOURG SAINT-ANTOINE
ET LA SCYLLA DU FAUBOURG DU TEMPLE

Les deux plus mémorables barricades que l’observateur des maladies sociales puisse mentionner n’appartiennent point à la période où est placée l’action de ce livre. Ces deux barricades, symboles toutes les deux, sous deux aspects différents, d’une situation redoutable, sortirent de terre lors de la fatale insurrection de juin 1848, la plus grande guerre des rues qu’ait vue l’histoire.

Il arrive quelquefois que, même contre les principes, même contre la liberté, l’égalité et la fraternité, même contre le vote universel, même contre le gouvernement de tous par tous, du fond de ses angoisses, de ses découragements, de ses dénûments, de ses fièvres, de ses détresses, de ses miasmes, de ses ignorances, de ses ténèbres, cette grande désespérée, la canaille, proteste, et que la populace livre bataille au peuple.

Les gueux attaquent le droit commun ; l’ochlocratie s’insurge contre le démos.

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Stendhal, Le Rouge et le Noir [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte dans “le Rouge et le Noir

Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités De l’Amour et Histoire de la peinture en Italie. Bien qu’il soit aujourd’hui un écrivain reconnu comme un des grands génies de la littérature française, il fut méconnu de son époque et essuya de nombreux échecs. Amoureux fou de l’Italie, de l’opéra, chantre de l’énergie des cœurs, son œuvre est une mise en scène de la recherche du bonheur. Lire le reste de cet article »

Balzac, Le père Goriot [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Père Goriot de Honoré de Balzac.

Honoré de Balzac (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de la langue française, La Comédie humaine. Parmi ses livres les plus célèbres on compte Le père Goriot, Les Illusions perdues, Le Colonel Chabert, Eugénie Grandet, etc. Il a cherché à aborder tous les sujets, à rendre tous les caractères humains, à créer la galerie de personnages la plus complète. Son œuvre est une fresque gigantesque à la fois historique et sociale qui pour l’essentiel se situe sous le règne de Napoléon et sous la Restauration.

Ce texte est extrait du Père Goriot, voici un morceau de la description de la pension Vauquer.

« Naturellement destiné à l’exploitation de la pension bourgeoise, le rez-de-chaussée se compose d’une première pièce éclairée par les deux croisées de la rue, et où l’on entre par une porte-fenêtre. Ce salon communique à une salle à manger qui est séparée de la cuisine par la cage d’un escalier dont les marches sont en bois et en carreaux mis en couleur et frottés. Rien n’est plus triste à voir que ce salon meublé de fauteuils et de chaises en étoffe de crin à raies alternativement mates et luisantes. Au milieu se trouve une table ronde à dessus de marbre Sainte-Anne, décorée de ce cabaret en porcelaine blanche ornée de filets d’or effacés à demi, que l’on rencontre partout aujourd’hui. Cette pièce, assez mal planchéiée, est lambrissée à hauteur d’appui. Le surplus des parois est tendu d’un papier verni représentant les principales scènes de Télémaque, et dont les classiques personnages sont coloriés. Le panneau d’entre les croisées grillagées offre aux pensionnaires le tableau du festin donné au fils d’Ulysse par Calypso. Depuis quarante ans, cette peinture excite les plaisanteries des jeunes pensionnaires, qui se croient supérieurs à leur position en se moquant du dîner auquel la misère les condamne. La cheminée en pierre, dont le foyer toujours propre atteste qu’il ne s’y fait de feu que dans les grandes occasions, est ornée de deux vases pleins de fleurs artificielles, vieillies et encagées, qui accompagnent une pendule en marbre bleuâtre du plus mauvais goût. Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu’il faudrait appeler l’odeur de pension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements; elle a le goût d’une salle où l’on a dîné; elle pue le service, l’office, l’hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l’on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu’y jettent les atmosphères catarrhales et sui generis de chaque pensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien! malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l’être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd’hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elle est plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d’assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boite à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s’y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout, mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l’appétit, toutes encadrées en bois verni à filets dorés; un cartel en écaille incrustée de cuivre; un poêle vert, des quinquets d’Argand où la poussière se combine avec l’huile, une longue table couverte en toile cirée assez grasse pour qu’un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot, borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l’intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas. Le carreau rouge est plein de vallées produites par le frottement ou par les mises en couleur. Enfin, là règne la misère sans poésie; une misère économe, concentrée, râpée. Si elle n’a pas de fange encore, elle a des taches; si elle n’a ni trous ni haillons, elle va tomber en pourriture. »

Pour aller plus loin avec LeWebPédagogique :

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Villiers, “Véra” [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de Véra de Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam.

Philippe-Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (1838-1889) fut l’ami de Baudelaire et de Mallarmé. Son œuvre connut un faible écho parmi le public mais a inspiré un respect profond chez des écrivains tels que Mallarmé, Huysmans ou Verlaine. Ses Contes cruels et L’Eve future sont ses ouvrages les plus célèbres. Lire le reste de cet article »

Zola, L’Assommoir [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte dans L’Assommoir d’Emile Zola.

Emile Zola (1840-1902) est le chef de file des écrivains naturalistes. Auteur d’une œuvre abondante, il a écrit de nombreux romans et quelques essais à valeur de fondement théorique. Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, écrite entre 1871 et 1893, est une tentative de montrer dans une vingtaine de romans l’influence de l’hérédité et du milieu social sur l’évolution d’une famille. C’est une démarche scientifique que Zola tente de mettre en mots. La démonstration se confine à la mise en œuvre d’une mécanique scientifique transposée en mécanique littéraire. Dans sa préface à l’Assomoir, Zola écrit : « Depuis 1869, le plan général [des Rougon-Macquart] est arrêté, et je le suis avec une rigueur extrême. L’Assommoir est venu à son heure, je l’ai écrit, comme j’écrirai les autres, sans me déranger une seconde de ma ligne droite ». Lire le reste de cet article »

Stendhal, La Chartreuse de Parme [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de La Chartreuse de Parme de Stendhal.

Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842) est l’auteur entre autres du Rouge et le Noir et de la Chartreuse de Parme, ses deux romans les plus fameux. Il est aussi l’auteur de deux traités De l’Amour et Histoire de la peinture en Italie. Bien qu’il soit aujourd’hui un écrivain reconnu comme un des grands génies de la littérature française, il fut méconnu de son époque et essuya de nombreux échecs. Amoureux fou de l’Italie, de l’opéra, chantre de l’énergie des cœurs, son œuvre est une mise en scène de la recherche du bonheur. Lire le reste de cet article »

Maupassant, L’ami patience [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de L’ami patience de Guy de Maupassant.

Guy de Maupassant (1850-1893) commence dans la vie par le métier de fonctionnaire avant de se tourner vers le journalisme et l’écriture romanesque notamment grâce au succès de Boule de suif (1880) qu’il publie dans le recueil de nouvelles Les Soirées de Medan au côté de Zola et Huysmans. Il a composé près de trois cents contes et nouvelles auxquels s’ajoutent quelques romans tels que Pierre et Jean, Bel-Ami ou Une vie. A mesure que les années passent l’état psychique de Maupassant se dégrade favorisant le passage d’une littérature réaliste à une autre où le fantastique prend une part centrale. Lire le reste de cet article »

Barbey d’Aurevilly, Les Diaboliques [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Rideau cramoisi.  

Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889), écrivain, polémiste, chantre du dandysme, réactionnaire, catholique, a influencé à sa suite de nombreux écrivains parmi lesquels Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy. Ses attributs divers lui ont permis de constituer une œuvre d’égale maîtrise d’un bout à l’autre de sa conception. Romancier, il a écrit notamment Le chevalier des Touches et Une vieille maîtresse. Son œuvre la plus célèbre, Les Diaboliques, est un recueil de six nouvelles. Elles sont un concentré de noirceur, de provocation et d’humour. Elles sont aussi, avant toute chose, une exhalaison douce-amère de l’odor di femmina.

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Flaubert, L’Education Sentimentale [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte de L’Education sentimentale.  

Gustave Flaubert (1821-1880) publie L’éducation sentimentale en 1869. Ce maître-livre de la littérature du XIXe siècle met en scène Frédéric Moreau, un des modèles les plus réussis de l’anti-héros. Le texte suivant est l’incipit du roman.

Tout au long de cet anti-roman d’éducation, on admire le style de Flaubert, son génie littéraire, son sens parfait de la dérision et de l’ironie, en même temps que la narration remarquable des désillusions et des échecs de Frédéric Moreau. Les ouvrages de Flaubert sont le lieu d’une recherche inlassable de la perfection dans le rythme de la prose. Le but est de ciseler chaque phrase. Pour ce faire, il expérimentait concrètement leur sonorité dans son « gueuloir ». Flaubert, de la recherche documentaire jusqu’à l’écriture, a toujours le souci de l’exactitude et de la perfection. Lire le reste de cet article »

Balzac, Le Colonel Chabert [Bio] [Ressources]

Vendredi 30 novembre 2007

Pour préparer le bac français, retrouvez dans cet article un texte du Colonel Chabert de Balzac.  

Honoré de Balzac (1799-1850) est un des plus grands écrivains français. En moins d’une trentaine d’années, il a écrit 92 livres dont 74 romans. Il est l’auteur d’une des plus importantes architectures littéraires de langue française, La Comédie humaine. Parmi ses romans les plus célèbres on compte Le père Goriot, Les Illusions perdues, Le Colonel Chabert, Eugénie Grandet, etc. Il a cherché à aborder tous les sujets, à rendre tous les caractères humains, à créer la galerie de personnages la plus complète de son temps. Son œuvre est une fresque gigantesque à la fois historique et sociale.

Ce texte est extrait du Colonel Chabert. Derville, l’avoué, découvre dans son bureau ce curieux client revenu de chez les morts.

« Le jeune avoué demeura pendant un moment stupéfait en entrevoyant dans le clair-obscur le singulier client qui l’attendait. Le colonel Chabert était aussi parfaitement immobile que peut l’être une figure en cire de ce cabinet de Curtius où Godeschal avait voulu mener ses camarades. Cette immobilité n’aurait peut-être pas été un sujet d’étonnement, si elle n’eût complété le spectacle surnaturel que présentait l’ensemble du personnage. Le vieux soldat était sec et maigre. Son front, volontairement caché sous les cheveux de sa perruque lisse, lui donnait quelque chose de mystérieux. Ses yeux paraissaient couverts d’une taie transparente : vous eussiez dit de la nacre sale dont les reflets bleuâtres chatoyaient à la lueur des bougies. Le visage pâle, livide, et en lame de couteau, s’il est permis d’emprunter cette expression vulgaire, semblait mort. Le cou était serré par une mauvaise cravate de soie noire. L’ombre cachait si bien le corps à partir de la ligne brune que décrivait ce haillon, qu’un homme d’imagination aurait pu prendre cette vieille tête pour quelque silhouette due au hasard, ou pour un portrait de Rembrandt, sans cadre. Les bords du chapeau qui couvrait le front du vieillard projetaient un sillon noir sur le haut du visage. Cet effet bizarre, quoique naturel, faisait ressortir, par la brusquerie du contraste, les rides blanches, les sinuosités froides, le sentiment décoloré de cette physionomie cadavéreuse. Enfin l’absence de tout mouvement dans le corps, de toute chaleur dans le regard, s’accordait avec une certaine expression de démence triste, avec les dégradants symptômes par lesquels se caractérise l’idiotisme, pour faire de cette figure je ne sais quoi de funeste qu’aucune parole humaine ne pourrait exprimer. Mais un observateur, et surtout un avoué, aurait trouvé de plus en cet homme foudroyé les signes d’une douleur profonde, les indices d’une misère qui avait dégradé ce visage, comme les gouttes d’eau tombées du ciel sur un beau marbre l’ont à la longue défiguré. Un médecin, un auteur, un magistrat eussent pressenti tout un drame à l’aspect de cette sublime horreur dont le moindre mérite était de ressembler à ces fantaisies que les peintres s’amusent à dessiner au bas de leurs pierres lithographiques en causant avec leurs amis.

En voyant l’avoué, l’inconnu tressaillit par un mouvement convulsif semblable à celui qui échappe aux poètes quand un bruit inattendu vient les détourner d’une féconde rêverie, au milieu du silence et de la nuit. Le vieillard se découvrit promptement et se leva pour saluer le jeune homme ; le cuir qui garnissait l’intérieur de son chapeau étant sans doute fort gras, sa perruque y resta collée sans qu’il s’en aperçût, et laissa voir à nu son crâne horriblement mutilé par une cicatrice transversale qui prenait à l’occiput et venait mourir à l’oeil droit, en formant partout une grosse couture saillante. L’enlèvement soudain de cette perruque sale, que le pauvre homme portait pour cacher sa blessure, ne donna nulle envie de rire aux deux gens de loi, tant ce crâne fendu était épouvantable à voir. La première pensée que suggérait l’aspect de cette blessure était celle-ci : – Par là s’est enfuie l’intelligence ! »

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