Zola, L’Assommoir [Bio] [Ressources]
Pour préparer au mieux le bac français, retrouvez dans cet article un texte dans L’Assommoir d’Emile Zola.
Emile Zola (1840-1902) est le chef de file des écrivains naturalistes. Auteur d’une œuvre abondante, il a écrit de nombreux romans et quelques essais à valeur de fondement théorique. Les Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire, écrite entre 1871 et 1893, est une tentative de montrer dans une vingtaine de romans l’influence de l’hérédité et du milieu social sur l’évolution d’une famille. C’est une démarche scientifique que Zola tente de mettre en mots. La démonstration se confine à la mise en œuvre d’une mécanique scientifique transposée en mécanique littéraire. Dans sa préface à l’Assomoir, Zola écrit : « Depuis 1869, le plan général [des Rougon-Macquart] est arrêté, et je le suis avec une rigueur extrême. L’Assommoir est venu à son heure, je l’ai écrit, comme j’écrirai les autres, sans me déranger une seconde de ma ligne droite ».
Cet ouvrage est le septième tome de la série des Rougon-Macquart. Il raconte l’histoire de Gervaise, issue de la branche malade de la famille. L’extrait suivant est important dans le déroulement du roman. Il appartient au chapitre central du livre où le sort de Gervaise est définitivement scellé pour le pire. Elle invite tous les gens de sa connaissance pour un festin. Elle a préparé une oie énorme dont chacun vient se repaître.
« Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette ; c’est-à-dire que personne de la société ne se souvenait de s’être jamais collé une pareille indigestion sur la conscience. Gervaise, énorme, tassée sur les coudes, mangeait de gros morceaux de blanc, ne parlant pas, de peur de perdre une bouchée ; et elle était seulement un peu honteuse devant Goujet, ennuyée de se montrer ainsi, gloutonne comme une chatte. Goujet, d’ailleurs, s’emplissait trop lui-même, à la voir toute rose de nourriture. Puis, dans sa gourmandise, elle restait si gentille et si bonne ! Elle ne parlait pas, mais elle se dérangeait à chaque instant, pour soigner le père Bru et lui passer quelque chose de délicat sur son assiette. C’était même touchant de regarder cette gourmande s’enlever un bout d’aile de la bouche, pour le donner au vieux, qui ne semblait pas connaisseur et qui avalait tout, la tête basse, abêti de tant bâfrer, lui dont le gésier avait perdu le goût du pain. Les Lorilleux passaient leur rage sur le rôti ; ils en prenaient pour trois jours, ils auraient englouti le plat, la table et la boutique, afin de ruiner la Banban du coup. Toutes les dames avaient voulu de la carcasse ; la carcasse, c’est le morceau des dames. Madame Lerat, madame Boche, madame Putois grattaient des os, tandis que maman Coupeau, qui adorait le cou, en arrachait la viande avec ses deux dernières dents. Virginie, elle, aimait la peau, quand elle était rissolée, et chaque convive lui passait sa peau, par galanterie ; si bien que Poisson jetait à sa femme des regards sévères, en lui ordonnant de s’arrêter, parce qu’elle en avait assez comme ça : une fois déjà, pour avoir trop mangé d’oie rôtie, elle était restée quinze jours au lit, le ventre enflé. Mais Coupeau se fâcha et servit un haut de cuisse à Virginie, criant que, tonnerre de Dieu ! si elle ne le décrottait pas, elle n’était pas une femme. Est-ce que l’oie avait jamais fait du mal à quelqu’un ? Au contraire, l’oie guérissait les maladies de rate. On croquait ça sans pain, comme un dessert. Lui, en aurait bouffé toute la nuit, sans être incommodé ; et, pour crâner, il s’enfonçait un pilon entier dans la bouche. Cependant, Clémence achevait son croupion, le suçait avec un gloussement des lèvres, en se tordant de rire sur sa chaise, à cause de Boche qui lui disait tout bas des indécences. Ah ! nom de Dieu ! oui, on s’en flanqua une bosse ! Quand on y est, on y est, n’est-ce pas ? et si l’on ne se paie qu’un gueuleton par-ci par-là, on serait joliment godiche de ne pas s’en fourrer jusqu’aux oreilles. Vrai, on voyait les bedons se gonfler à mesure. Les dames étaient grosses. Ils pétaient dans leur peau, les sacrés goinfres ! La bouche ouverte, le menton barbouillé de graisse, ils avaient des faces pareilles à des derrières, et si rouges, qu’on aurait dit des derrières de gens riches, crevant de prospérité. »
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1 juillet 2009 à 23:05
Bonsoir, je passe à l’oral vendredi, et je stresse énormément, j’ai peur de tout oublié en me retrouvant devant l’examinateur, surtout lorsque si j’oublie quelque chose, j’ai peur d’avoir de longs moments d’hésitations , de perdre mes mots, et après de m’embrouiller, et est-il possible que m’examinateur pose des question sur un autre objet d’étude autre que le texte sur lequel nous sommes tombés?
Merci beaucoup.
J’attends vos réponses avec impatience.